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Principaux domaines et axes de recherche de l'UQAM sur le viellissement de la population

Penser l'avancée en âge sous l'angle de l'individu, des collectivités et de la société

Dans le souci de penser les tenants et aboutissants du vieillissement de la population, les trois axes de recherche présentés ci-dessous articulent, sur les plans micro, méso et macro, les défis que ce phénomène massif engendre et les recherches multidisciplinaires qu’il suscite présentement à l’UQAM.

Santé et mieux-être des personnes aînées

Selon les données de l'Institut national de la santé publique du Québec, près de 80 % des aînés ne présentent pas d'incapacité modérée ou grave susceptible d'entraîner une restriction des activités ou la dépendance à l'endroit des autres[i]. Certes, les troubles cognitifs (maladie d'Alzheimer et autres démences) sont répandus parmi la population vieillissante, mais ils se manifestent surtout chez les personnes très âgées : 33 % des 85 ans et plus par comparaison à 11% chez les 75-84 et 2 % des 65-74 ans[ii]. Les recherches menées à l'UQAM couvrent ce large continuum, allant de la promotion du mieux-être des aînés à la protection des vulnérabilités, de l'éducation à la santé à la prévention des risques liés à l'avancée en âge.

Sans inscrire leurs travaux dans une approche normative ou prescriptive du « bien vieillir », des chercheurs en sexologie, sociologie et travail social, rattachés au Centre de recherche et d'expertise en gérontologie sociale (CREGES-CSSS-CAU), s'intéressent aux trajectoires de vieillissement, à ses représentations et aux divers facteurs personnels, sociaux et environnementaux qui favorisent le mieux-être des aînés. La situation financière, les milieux de vie, le réseau familial et social, les interventions et services offerts de même que l'engagement dans des activités professionnelles ou bénévoles sont autant d'aspects examinés dans le cadre de leurs recherches et qui apparaissent déterminants pour l'épanouissement des personnes jusqu'à des âges avancés de la vie.

Les habitudes de vie, notamment en matière d'alimentation, d'activité physique, d'hygiène du sommeil et de stimulation intellectuelle, représentent un autre prisme à travers lequel des chercheurs de l’UQAM identifient des actions de prévention aptes à favoriser un vieillissement en santé ou à tout le moins à réduire les risques de limitation d'autonomie fonctionnelle chez les aînés. C'est l'objectif du Groupe de recherche en activité physique adaptée (GRAPA) qui met en lien des recherches fondamentales et appliquées visant à améliorer la santé de populations spécifiques, dont les aînés. Les recherches portent sur les caractéristiques physiques des individus, leurs motivations, les moyens d’intervention, le développement et la promotion de programmes d’activité physique, en collaboration avec divers milieux d’intervention.

Au sein du Laboratoire d'études de la santé cognitive des aînés (LESCA), rattaché à la Chaire de recherche du Canada sur le vieillissement et la prévention du déclin cognitif, psychologues et kinanthropologues s’efforcent de comprendre pourquoi et comment l’exercice physique combiné à des programmes de stimulation intellectuelle contribuent à prévenir le déclin des fonctions cérébrales souvent observé au cours du vieillissement et chez les aînés souffrant de maladies chroniques. Également de nature fondamentale et appliquée, les travaux menés au sein du Centre de recherche en conception et fabrication de microsystèmes (CoFaMic) visent à développer et à mettre en réseau des nouveaux biocapteurs et microcapteurs pour favoriser le maintien à domicile des aînés aux prises avec des incapacités auditives, visuelles ou motrices.

Dans le même esprit de promotion de la santé tout au long de la vie, les données épidémiologiques fournies par la Chaire en prévention et traitement du cancer montrent que l’alimentation s'avère un facteur de protection important. Plus précisément, l'équipe de la Chaire cherche à identifier les composés issus de l’alimentation humaine qui possèdent des propriétés chimiopréventives et chimiothérapeutiques. D'autres chercheurs en neurobiologie et sciences biologiques, affiliés au Centre de recherche BioMed, concentrent leurs recherches sur des problématiques en amont de la maladie en s’intéressant, entre autres, aux biomarqueurs susceptibles de permettre la détection précoce des maladies dégénératives liées au vieillissement : Alzheimer, Parkinson, etc.

Aux préoccupations à l'endroit de la santé physique, s'ajoute un intérêt marqué à l'endroit des facteurs susceptibles d'engendrer de la détresse psychologique chez les aînés. À cet égard, l'UQAM peut compter sur le Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie (CRISE), dont l'expertise, en matière de promotion et de prévention de la santé mentale auprès de divers groupes (dont les aînés) est reconnue mondialement. S'y greffent d'autres chercheurs en psychologie, en travail social ou en sciences des religions qui s'intéressent à l'expérience de confrontation à la finitude ainsi qu'aux pratiques d'accompagnement des mourants et de leurs proches. Enfin, il y a lieu de noter que les recherches en santé à l’UQAM bénéficient déjà d'une structure interdisciplinaire, l’Institut Santé et Société, qui favorise les échanges d'expertises et assure la visibilité des travaux auprès de la communauté scientifique, du grand public ainsi que de divers acteurs aux niveaux local, national et international.

Dynamiques sociales et citoyenneté

À l’UQAM, nombre de recherches en gérontologie sociale développent une approche réflexive et concertée des conditions de l’autonomie individuelle (des personnes âgées) et collective (les aînés en tant que groupe social) d’une population au poids démographique et socio-économique grandissant, à propos de laquelle il importe de briser les préjugés, stéréotypes et tabous, ainsi que de lever les obstacles à la pleine reconnaissance de leurs droits, de leurs capacités et de leurs contributions à la vie de la Cité.

Les chercheurs s’intéressant au volet juridique de cette problématique se penchent notamment sur la promotion et la défense des droits des aînés. Il peut s’agir de les défendre dans des cas d’abus, de maltraitance ou d'exploitation, mais aussi, pour les personnes fragilisées ou souffrant de dégénérescence intellectuelle, de se poser la question de leur capacité à exercer leurs droits civils et politiques ou de leur aptitude à consentir à des soins. La défense des droits et libertés est aussi liée à la lutte contre les préjugés et les discriminations. Les discriminations liées notamment à l’orientation sexuelle, auxquelles se consacre la Chaire de recherche sur l’homophobie, en plus de s’intéresser aux réalités qui marquent les parcours de vie des gais, lesbiennes et autres minorités sexuelles au fur et à mesure de leur avancée en âge, et ce tant en milieu urbain qu’en région. L’origine ethnoculturelle, le statut socio-économique, l’état de santé, mais aussi le genre constituent d’autres facteurs susceptibles de marquer les trajectoires de vieillissement. Au sein de l’Institut de recherches et d'études féministes (IREF), les réalités et problématiques inhérentes au vieillissement au féminin sont examinées dans une perspective pluridisciplinaire et les chercheures s’y intéressent sous divers angles : disparités de revenus entre hommes et femmes, rapport à la sexualité, à la conjugalité, à la famille, conditions de vie, etc.

Pour sa part, l’équipe Vieillissements, exclusions sociales et solidarités (VIES) cherche à identifier les mécanismes d’exclusion sociale liés à l’avancée en âge ainsi que les pratiques solidaires et stratégies d’action permettant de les contrer. Dans la foulée, d’autres recherches interrogent la place des aînés dans la société : la place qui leur est faite et celle qu’ils entendent s’y frayer en s’impliquant activement en tant que citoyens. Se posent ici les questions de la représentation des aînés, des moyens dont ils disposent pour faire entendre leurs voix (tables de concertation des MRC, constitution en groupes de pression, implication dans des associations), de leur participation aux processus décisionnels. Parmi les recherches novatrices dans ce domaine, mentionnons les travaux de la Chaire UNESCO-Bell en communication et développement international qui analysent les usages sociaux des technologies de l'information et des communications par les aînés en identifiant les formes d'inclusion et d'exclusion numériques. Cet aspect politique du vieillir dans le sens d’une participation citoyenne plus ou moins active est d’autant plus appelé à devenir un incontournable que les générations à venir de personnes âgées, les baby-boomers, constituent une cohorte globalement mieux éduquée, en meilleure santé que les précédentes, et dont le taux de participation aux élections est plus élevé que celui des autres tranches d’âge.

Enjeux économiques et politiques publiques

Plusieurs chercheurs de l’UQAM, dans les champs de la gestion des ressources humaines, de l’économie, de l’éducation, de la sociologie et du travail social, se penchent sur la nécessité de repenser les régimes de formation et de soutien du revenu à la retraite dans un contexte d’accroissement de la durée de vie. La transition entre la vie active et la retraite, et les conditions dans lesquelles ce passage est opéré, sous-tendent des réalités et des trajectoires diverses. Nombre d’aînés demeurent actifs sur le marché de l’emploi, que ce soit à temps plein ou partiel, voire débutent une deuxième carrière une fois atteint l’âge de la retraite. Le vieillissement de la population, en emploi et hors emploi, oblige à repenser la gestion des ressources humaines au sein des organisations, à revoir les stratégies de formation de la main d’œuvre et à repenser les dispositions de la fiscalité. De plus, cette réalité invite à réaménager nombre de politiques publiques, dont celles touchant le financement de la retraite ainsi que l'aide aux personnes dépendantes.

Le Centre interuniversitaire sur le risque, les politiques économiques et l’emploi (CIRPÉE) logé à l’UQAM, représente un lieu d’importance pour mener à bien une telle réflexion. En plus de s’intéresser au renouvellement de l’architecture publique des régimes de retraite, les chercheurs de l’UQAM se penchent sur l’étude de la transition travail-retraite et sur les facteurs qui en font un passage réussi : qualification, transmission intergénérationnelle des savoirs, modalités organisationnelles de retraite progressive, etc. Le Centre interdisciplinaire de recherche et de développement sur l’éducation permanente (CIRDEP), quant à lui, se penche sur l’analyse des politiques d’éducation et de formation des adultes, en s'intéressant à l'acte d'apprendre dans divers environnements éducatifs tout au long de la vie.

Ces transformations profondes associées au vieillissement de la population affectent également le rôle de l’État et oblige à revoir les responsabilités des acteurs publics, municipaux, privés et communautaires ainsi que celles des proches aidants, de façon à offrir des formules de soutien adapté aux personnes âgées. Des unités de recherche telles le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), le Laboratoire de recherche sur les pratiques et les politiques sociales (LAREPPS), ainsi que le Groupe d’études et de recherches axées sur la communication internationale et interculturelle (GERAII) contribuent à mieux cerner les dynamiques d’innovations sociales portant sur l’amélioration des conditions de vie et à comprendre davantage la gouvernance territoriale associée à la mise en œuvre de pratiques partenariales pour répondre aux besoins des particularités locales au Québec notamment au niveau de la prestation de services sociosanitaires.


[i] Lefebvre, Chantal, Un portrait de la santé des Québécois de 65 ans et plus, Institut national de santé publique du Québec, 2003, page 17.

 [ii] Ibid., page 9.

 


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